À l'aube, trois équipes quittent le camp 2. Julien, Denis et Bernard ouvrent la marche. Leur objectif : rejoindre Mayang, puis descendre légèrement en aval de la jetée de l'émergence dans la Galuwé pour récupérer un sachet de charbon actifque Bogdan et Tom n'avaient pu localiser lors du dernier raid. C'est une opération de la dernière chance : si les deux colorations réalisées ont fonctionné et que les eaux tracées ne ressortent pas à Mayang — où deux sachets de charbons ont déjà été récupérés — alors ce dernier prélèvement pourrait révéler un passage vers la Galuwé par d'autres circulations hydrologiques.


Sergio et Jessica suivent peu après. Ils descendent dans le canyon pour compléter une série de clichés, notamment dans la grotte émergence où le niveau de mise en eau trop important n'avaient pas permis à Sergio de faire ce qu'il souhaitait lors de sa précédente visite.

Bogdan et Tom ferment la marche. Ils empruntent le même canyon pour rejoindre le lit de la Galuwé, puis remonter jusqu'à la vasque de jonction entre le canyon de l'Œil de Mayang et la rivière, où un autre sachet de charbon a également été posé quelques jours avant l'injection des traceurs.
L'équipe de tête met près de quatre heures pour atteindre l'aval de Mayang. En chemin, Bernard repère six points d'alimentation ou d'émergence supplémentaires sur cette portion de la Galuwé, témoignant de la complexité des bassins d'alimentation qui se juxtaposent et s'entrecroisent dans ce secteur. Le niveau d'eau exceptionnellement bas facilite la progression et offre un spectacle splendide de ce fond de gorge, tantôt canyon, tantôt rivière.

À 13 h, un orage éclate au moment même où le sachet de charbon le plus aval est récupéré. La remontée s'engage aussitôt. Bogdan et Tom rejoignent l'équipe en route : ils prennent en charge le déséquipement complet du canyon jusqu'au camp 2, soit près de 400 m de cordes à remonter. À la nuit, tout le monde est de retour au camp.

Au camp 3, l'exploration du système des Agitations Tropicales étant achevée, l'heure est à la mise au propre des données topographiques, au tri des photos et au rangement du camp. Le beau temps qui s'installe permet le nettoyage et le séchage du matériel dans des conditions idéales. Yann R. en profite également pour réaliser les dernières entrevues des membres de l'équipe pour le film.

Dès 6 h, les premiers levés sur le Camp 2 profitent une dernière fois du lever de soleil sur la DZ, seul espace dégagé de ce camp enfoui sous le couvert végétal de la forêt primaire. La journée démarre sur un rythme intense : tout doit en effet être prêt pour quitter définitivement le camp à l'aube suivante.

Vers 10 h, Bernard finalise par liaison radio avec le camp 3 le déroulé du repli. Jayden, le pilote, confirme son arrivée pour 7 h 15 le lendemain. Il valide également le plan de vol transmis par Bernard : une vingtaine de rotations à enchaîner sans interruption entre camp 2, camp 3, la DZ de Galuwé et la future DZ du camp Big-Bag dans la perspective d'un nouveau projet, avec alternance de transport de personnes, de filets de matériel et/ou de matériel chargé en cabine.
Sur les deux camps, la journée file à grande vitesse. À 20 h, tout le monde est couché, réveil fixé à 4 h pour être prêt avec chaque point de campement individuel, de pliés et rangé avec tous les sacs de posés sur la DZ, dès l'arrivée du Bell 407.

La pluie tombe jusqu'à 3 h du matin, laissant craindre une annulation des opérations héliportées. Mais à 7 h 15 précises, Jayden pose sa machine sur la DZ du camp 2. Le repli peut commencer.
Les rotations s'enchaînent sans pause. Vers 11 h, l'ensemble des équipes et du matériel des camps 2 et 3 est regroupé sur la DZ de Galuwé, devenue pour quelques heures le centre d'attention des habitants du secteur, venus assister à ce ballet final.

Charles, maire de Galuwé, et plusieurs membres de son Comité d'Administration sont présents. Bernard règle avec eux différents points financiers, dont la solde des quatre Papous restés en appui sur les camps 2 et 3 durant la seconde session de 21 jours, puis leur remet officiellement quelque 150 kg de vivres restants de l'expédition pour répartition sur le village.

Une noria de 5 bateaux calée avec Charles prend ensuite le relais pour acheminer matériel et participants vers le Koki's Guest House de Palmalmal. Le chargement, compliqué par les vagues et la configuration de la plage, demande patience et coordination. Vers 17–18 h, les derniers bateaux accostent. Tout le monde est réuni au Koki's, au milieu d'un vaste capharnaüm de matériel. La journée a été efficace !
Deux journées intenses de tri et de rangement attendent l'ensemble de l'équipe. Les responsables technique, logistique, électricité, pharmacie, communication, vaisselle, plongée, filtration eau, matériel spéléo... regroupent, contrôlent et conditionnent leur matériel en vue d'un stockage sur place ou d'un retour en Europe. Le Coki's se transforme ainsi en un vaste atelier où chaque équipement finit par retrouver sa place.


L'équipe film poursuit quant à elle ses prises de vues et interviews. Quelques pauses bienvenues, entre snorkling autour de la Guest House ou visite à la résurgence de Wara Kalap, permettent de garder énergie et motivation au plus haut.

Bernard profite également de ce temps pour remercier officiellement les aidants locaux : Charles, maire de Galuwé, John Liskia, chef du district de Pomio, et bien d'autres.
À l'aube, le ferry entre dans le port de Palmalmal, et à 12 h, l'équipe embarque. Une noria permet de charger dans la cale près de 1 500 kg de sacs personnels. Vers 14 h 30, le ferry lève l'ancre pour 15 h de navigation dans un confort sommaire où chacun improvise pour trouver un peu de repos comme il le peut.

Derniers jours sur l'île de Nouvelle-Bretagne. Bogdan et Tom s'envolent déjà vers l'Australie. D'autres finalisent leurs sacs et profitent d'une dernière sortie, notamment vers le Tavurvur, volcan actif dont les fumerolles et paysages contrastés impressionnent toujours. Pas de répit en revanche pour Natalia et Luc qui restent à travailler sur différents supports en prévision d'une conférence que nous donnerons à Port Moresby.
Journée sous tension : toute l'équipe est attendue le soir même à la résidence de l'Ambassadeur de France, mais les vols Rabaul–Port Moresby sont imprévisibles, et les 17 participants sont répartis sur trois vols.
À 10 h, les premiers retards tombent. L'équipe 2 reste bloquée des heures durant. L'équipe 3 finit même par décoller avant la 2 ! À 17 h, plus personne ne croit à un regroupement collectif encore possible.

Enfin un avion se pose sur le tarmac. La joie est de courte durée, une fuite hydraulique étant détectée sur le train d'atterrissage. Finalement, le vol est maintenu, l'équipe 2 décolle vers 19 h et rejoint enfin le reste du groupe directement à la résidence de l'ambassadeur, à Port Moresby. Le soulagement est général.
Depuis plusieurs jours, Natalia, Bernard et Luc œuvrent aux préparatifs d'une synthèse des premiers résultats de l'expédition « Objectif Mayang 2026 ». Grâce au soutien de l'Ambassade de France et à l'implication de Clément Brousse, une conférence réunissant plus de cent personnes est organisée : francophones, presse, partenaires institutionnels et privés sont présents. Deux heures d'un partage dense et chaleureux avec les 17 membres de l'expédition encore présents.


C'est le dernier jour en terres papoues. Les équipes quittent Port Moresby pour l'Europe. Certains voyagent sereinement via Singapour, d'autres transitent par Dubaï ou Doha dans un contexte géopolitique tendu sur le Moyen Orient. Des vols sont annulés, des retards impactent de nouveaux vols programmés, deux jours pour les cas les plus critiques... mais au final, au 18 mars, tout le monde est rentré sur l'Europe, la tension rebaisse d'un cran !

Fin de la partie terrain de l'expédition « Objectif Mayang 2026 ».Prochaine édition : très probablement en 2028.